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Les gouttes d'eau qui forment le Contrat de rivière

Marchin : la pêche électrique pour analyser le Hoyoux

Post 12 octobre 2016 By In Actualités

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Un article de Céline DEMELENNE

 

Une séance de pêche électrique, réalisée par le SPW, a permis d’analyser le Hoyoux. Et ce afin de prévenir la détérioration de la rivière.

Pêche électrique   Marchin

 

Aux abords du Hoyoux, à Vyle-et-Tharoul, se tient une séance de pêche un peu particulière. Jeudi dernier, une vingtaine de personnes – du service pêche du SPW (Service public de Wallonie) et du DEMNA (Département de l’étude du milieu naturel et agricole, de Gemboux) – s’apprêtent à réaliser un recensement des différentes espèces de poissons, présentes dans la rivière. L’objectif de cette mission? «Vérifier le bon état écologique du cours d’eau, mais aussi des poissons, explique Ennio Cavalera, agent du service pêche. Cet exercice de recensement s’inscrit dans l’optique de la directive-cadre sur l’eau, qui est une mesure européenne.»

Dans ce contexte, il ne s’agit pas d’attendre patiemment que le poisson morde à l’hameçon. L’échantillonnage s’exécute en réalité grâce à une technique méconnue, celle de la pêche électrique.

Pêcher pour analyser la rivière

Le dispositif se compose ainsi d’un générateur, posé à proximité de la rivière, qui va produire du courant. La phase négative est mise à l’eau par l’intermédiaire d’une grille, appelée cathode. La phase positive relève pour sa part d’une anode de pêche, un manche terminé par un anneau. Lorsqu’elle est plongée dans l’eau, l’anode ferme le circuit électrique, ce qui permet au phénomène de pêche de se produire. «L’idée est d’envoyer de l’électricité dans l’eau pour provoquer l’électronarcose du poisson, qui est comme sonné.» Durant cette phase d’étourdissement, ce dernier est ensuite réceptionné dans une épuisette, puis dans une bassine, avant d’être transféré à l’échantillonnage. À ce stade, les poissons sont triés, pesés et mesurés. «On les endort au moyen d’une huile essentielle de clou de girofle, l’eugénol. C’est un peu l’odeur du cabinet du dentiste!» La présence ou l’absence de certains organismes vivants est révélatrice. «La présence de lamproies ou de truitelles, par exemple, indique déjà la bonne qualité de l’eau.» Les résultats de l’opération, qui recouvre une distance de 110 m, sont alors extrapolés. «En cas de détérioration du cours d’eau, on élargit nos investigations, car tout dépend toujours d’une série de facteurs.» Une analyse essentielle pour assurer la pérennité de nos eaux, sans conséquence pour les principaux intéressés qui, une fois relâchés, pourront poursuivre leur périple au fil de la rivière.

Meilleure qualité qu'en Mehaigne

Suite à cette séance de pêche électrique, les résultats n’ont pas tardé à tomber. Et l’évaluation s’avère tout à fait satisfaisante: trois espèces de poissons sont présentes dans le Hoyoux, soit le chabot, l’ombre et la truite fario.

Selon François Darchambeau, attaché au DEMNA, «ces espèces sont caractéristiques d’un milieu très propre, c’est-à-dire d’un milieu qui ne subit pas de pollution de l’eau».

L’indice de qualité des eaux s’établit, communément, sur une échelle de 5 classes, entre le «mauvais» et le «très bon». Si les résultats définitifs pour l’ensemble de la zone ne sont pas encore connus, le Hoyoux se situe néanmoins entre le «bon» et le «très bon».

Plus de 500 poissons

Un résultat positif d’autant plus crucial que ce cours d’eau constitue une zone Natura 2000 (réseau européen de zones naturelles protégées).«Cela signifie que cette zone contient des espèces et des habitats qui demandent une protection.» C’est notamment le cas du chabot. À Marchin, l’équipe d’intervention a recensé plus de 500 poissons appartenant à cette espèce, un nombre impressionnant, et rassurant.

Cet indice écologique est-il transposable à tous les cours d’eaux de notre arrondissement? Malheureusement non. À titre comparatif, la Mehaigne affiche des résultats nettement moins encourageants. «Le Hoyoux présente une meilleure qualité des eaux que la Mehaigne, tant au niveau chimique que biologique», souligne le spécialiste. La Mehaigne requiert dès lors des contrôles plus fréquents, «afin d’évaluer les mesures de gestion que nous mettons en œuvre ».

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